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PRODUITS DE PRESERVATION
ET EMBALLAGES EN BOIS
Nous recevons fréquemment des questions portant sur la nature des produits de traitement utilisés pour les emballages et palettes en bois.
La réponse peut se résumer en ces termes :
Les palettes fabriquées en France ne reçoivent en règle générale aucun produit de traitement, ni additif. Lorsque les clients le souhaitent et dans certains cas particuliers, on peut y appliquer des produits chimiques. Dans ce cas, il est impératif que ces produits soient reconnus aptes au contact alimentaire par les autorités sanitaires.
Ainsi, bien qu'exclues explicitement du champ d'application de la réglementation concernant l'aptitude au contact des denrées alimentaires (voir à ce sujet la déclaration officielle de la
Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et
de la Répression des Fraudes), les palettes neuves sont aptes au contact alimentaire direct.
Nous insistons cependant en répétant que cette aptitude n'est pas exigée par les autorités sanitaires, pour les palettes transportant des marchandises emballées.
La DGCCRF précise de manière très claire :
"Ne sont pas concernés [par la réglementation sur les matériaux au contact des denrées alimantaires] :
- les articles de vannerie,
- le liège et les objets en liège,
- les palettes en bois destinées à transporter des denrées conditionnées,
- les applications pour lesquelles l'utilisation du bois est rendue obligatoire par ailleurs (appellations AOC par exemple)."
Par ailleurs, des études menées à l'initiative des pays scandinaves et de l'Allemagne, ont montré que le bois, contrairement à d'autres matériaux, possèderait des vertus bactéricides qui le rendent particulièrement apte à un usage au contact alimentaire.
Il nous paraît inutile d'insister sur ce point qui, s'il est de toute première importance pour les emballages légers au contact direct, ainsi que pour les caisses-palettes transportant des fruits et légumes, n'est que d'un intérêt secondaire pour les palettes.
Nous invitons les lecteurs intéressés par le sujet à consulter le site internet en anglais wood-food.com
Pourquoi
traiter le bois
Pas d'objection de principe ...
Mais un encadrement nécessaire ...
Ce que dit la réglementation sur le PCP
Une démarche responsable
Un exemple utile
Des solutions alternatives
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Pourquoi
traiter le bois ?
Il faut distinguer les traitements du bois en fonction de leur but :
- Protection de l'intégrité de l'objet en bois.
Dans ce cas on applique un traitement destiné à en prolonger la durée de vie. Ce type de traitement, habituel dans les autres utilisations du bois telles que la construction, n'a pas de grand intérêt pour les palettes et emballages dont la durée de vie est courte.
Ils ne sont pas utilisés dans le secteur palettes /emballages.
- Protection contre les effets inesthétiques de "bleuissement" de certaines essences résineuses, voire feuillues.
Le "bleuissement" est une coloration grisâtre due à un champignon qui n'affecte pas la solidité des palettes mais leur donne un aspect peu agréable aux yeux de certains utilisateurs.
Les traitements anti-bleuissement se présentent sous forme d'un liquide dans lequel sont immergés les sciages ou les palettes. Ces produits sont déclarés aptes au contact alimentaire par l'autorité compétente, l'AFSSA.
- Protection de l'environnement.
Ici, le traitement appliqué à l'emballage / palette a pour but d'éviter la propagation d'organismes nuisibles qui, utilisant la palette comme véhicule pourraient mettre en danger l'éco système du pays d'accueil. Il ne s'agit plus de protéger la palette en tant qu'"objet", mais de la considérer comme "matériau végétal" et de lui appliquer des mesures semblables à celles concernant les végétaux sur pied.
C'est ce type de traitement qui est le plus connu car il devient quasi incontournable dans le grand export (exportation en dehors de l'Union Européenne).
On en parle sous le vocable "traitement phytosanitaire", ou encore, selon le titre de la norme internationale le concernant : "traitement NIMP 15" ou "traitement ISPM 15". A noter que ISPM 15 (International Standard Phytosanitary Measures) est la traduction en anglais de NIMP15 (Norme Internationale Mesures Phytosanitaires).
Parmi les différents types de traitements phytosanitaires, deux sont retenus par la norme NIMP 15 :
- la fumigation au bromure de méthyle (gaz auparavant utilisé essentiellement dans l'agro-alimentaire pour protéger les céréales contre les insectes) ; en abrégé : MB (methyl bromyde en anglais)*
- le traitement thermique, qui consiste à élever la température au coeur du bois à 56° C minimum pendant une période d'au moins 30 minutes. en abrégé : HT (heat treatment en anglais).
La révision quinquennale de la norme NIMP 15 est en cours en 2007. Il est possible que d'autres types de traitements soient ajoutés. Les études portent sur un autre agent fumigant pour remplacer le bromure de méthyle dont les effets sur l'environnement préoccupent les spécialistes et sur des méthodes alternatives telles que l'utilisation des micro-ondes.
*Une confusion fréquente à éviter.
Le traitement thermique à température moyenne est désigné par les lettres HT (abréviation de Heat Treatment en anglais). Il ne doit pas être confondu avec le traitement à haute température destiné à améliorer les qualités de certains bois de construction.
Dans ce cas les températures appliquées sont de l'ordre de 200°C, voire supérieures.
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Pas d'objection de principe
...
Comme on le voit, la F.A.O (Food and Agriculture Organisation)
en charge de l'établissement, au niveau mondial, de règles
de protection phytosanitaire n'émet pas d'objection
de principe contre l'utilisation de produits chimiques. Elle
retient l'emploi de produits de préservation comme l'une des
méthodes adaptées à la lutte contre les risques phytosanitaires.
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Mais un encadrement
nécessaire ...
L'utilisation
de ces types de produits chimiques sur des matériaux pouvant
occasionnellement entrer en contact alimentaire fait l'objet
d'une attention soutenue de la part des autorités communautaires
et nationales en charge de la protection des personnes et
de l'environnement.
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Pour
la France les matières actives des produits de traitement
des bois aptes au contact alimentaire ne sont agréées qu'après
avis positif de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments) qui depuis 1999 a pris la succession
du CSHPF (Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France).
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Il
n'y a pas sur ce sujet de vide réglementaire. Beaucoup
d'entreprises multinationales grosses utilisatrices de
palettes, bien informées de cette question, n'autorisent
dans leur cahier des charges que l'emploi des produits
pour lesquels des agréments (contact alimentaire, absence
de contamination environnementale) ont été délivrés par
les gouvernements des différents pays concernés.
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Ce
que dit la réglementation sur le PCP |
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L'utilisation du pentachlorophénol
(PCP) est considérée par les scientifiques comme
une source potentielle d'exposition relativement importante
aux dioxines pour les travailleurs et la population générale.
L'emploi
du PCP a été très répandu, notamment pour le traitement du
bois et celui des textiles, jusqu'en 1991. C'est un texte
européen qui a fortement encadré l'usage du PCP : la Directive
91/173/CEE du Conseil du 21 mars 1991 " portant neuvième modification
de la directive 76/769/CEE concernant le rapprochement des
dispositions législatives, réglementaires et administratives
des Etats membres relatives à la limitation de la mise sur
le marché et de l'emploi de certaines substances et préparations
dangereuses ".
La
directive 91/173/CEE interdit la mise sur le marché et l'emploi
du PCP et de ses sels et ses esters en concentration égale
ou supérieure à 0,1 % dans les substances et préparations.
Toutefois,
quatre dérogations à cette interdiction sont prévues.
a) pour le traitement des bois ;
b) pour l'imprégnation de fibres et de textiles lourds ;
c) comme agent de synthèse et/ou de transformation dans des
procédés industriels ;
d) pour le traitement in situ des bâtiments d'intérêt historique
et culturel (à autoriser cas par cas par l'État membre concerné).
La
Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et
de la Répression des Fraudes (www.minefi.gouv.fr/DGCCRF) précise
qu'à l'exception des traitements antifongiques pour les conteneurs
de fruits et légumes, les articles en bois destinés au contact
alimentaire ou susceptibles d'entrer en contact avec des denrées
alimentaires ne doivent pas avoir fait l'objet d'un traitement
chimique de préservation.
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Aller plus loin
dans une démarche responsable
Il est
donc vrai qu'à ce jour, si l'on s'en tient strictement à
la lettre des textes, il n'existerait aucune interdiction
formelle d'utilisation du PCP dans la fabrication des supports
de manutention, de transport et de stockage que sont les palettes.
Mais, depuis maintenant une dizaine d'années, non seulement le SYPAL demande aux fabricants français de
ne plus utiliser de PCP, nous allons plus loin :
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le
SYPAL recommande l'interdiction totale
de la commercialisation
du PCP.
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La Fédération
Européenne des Fabricants de Palettes et Emballages en Bois
(FEFPEB), dans une démarche responsable a voulu aller plus
loin en recommandant une interdiction totale de la production
et de la commercialisation de ce produit. Le
SYPAL est, bien sûr tout à fait favorable à cette interdiction
qui a été prise lorsque Didier MONCEL, l'actuel président
du SYPAL était la tête de la fédération européenne. Cette
décision s'inscrit dans une démarche globale visant à promouvoir
la palette en bois, issue de forêts " gérées durablement "
et destinée à être réutilisée, réparée, réutilisée à nouveau,
puis, en toute fin de vie, recyclée (recyclage matière ou
énergie).
Corollaire
de cette politique volontariste orientée vers la protection
de l'environnement, dans le cadre plus général du développement
durable : le SYPAL, toujours en parfait accord avec la FEFPEB
prône un encadrement plus strict des professionnels de la
palette afin d'assurer aux utilisateurs de palettes neuves
et d'occasion la certitude d'obtenir un produit palette sûr
et conforme aux réglementations en perpétuelle évolution.
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Un exemple utile
Une affaire fort
médiatisée il y a quelques années, aujourd'hui un peu tombée dans l'oubli mais qui en son
temps défraya la chronique, a conduit beaucoup de personnes
et d'utilisateurs de palettes à s'interroger sur les conditions
d'emploi des fongicides et des insecticides dans le secteur de l'emballage
bois. A l'heure où la sécurité sous
toutes ses formes est mise en exergue, il n'est pas inutile de revenir
sur le sujet et le commenter.
Si les allégations du plaignant
étaient infondées (les palettes n'étaient
pour rien dans la contamination), cet exemple aura eu le mérite
de nous inciter à aborder le sujet, en vertu d'un "principe
de précaution" qui est de nos jours incontournable,
même si son utilisation devient parfois excessive.
Pour ce
qui est du fond de l'affaire, les experts mandatés par les
gouvernements belge et français ainsi que par la Communauté
Européenne ont catégoriquement rejeté l'affirmation de la
compagnie d'Atlanta attribuant les malaises et problèmes médicaux
des personnes à une contamination par les fongicides qui auraient
été employés pour la préservation des bois ayant servi à la
production des palettes utilisées par Coca-Cola. (Rapport
de mission publié par la Communauté Européenne le 27/07/99).
Au sujet de cette affaire, voir l'article "des palettes et des canettes"
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Des
solutions alternatives
Même
si, dans certains cas, le recours à des traitements
chimiques se révèle le mieux adapté au
besoin, pour se prémunir contre certaines dégradations biologiques
évoquées précédemment il est possible de faire appel aux techniques
de chauffage et séchage qui sont cependant plus onéreuses.
Les producteurs de palettes peuvent proposer des palettes
séchées, chaque fois que les clients acceptent de prendre
en charge le coût de cette prestation spécifique.
Des études récentes, dans lequel le SYPAL était très impliqué,
conduites dans le cadre d'un programme européen ont permis
d'affiner nos connaissances dans ce domaine.
La recherche avance.
Qui pourrait croire que derrière l'apparente banalité
d'une palette en bois, à l'aspect inchangé depuis
un demi siècle, se cachent de très importants
travaux menés par une dizaine de laboratoires à
travers le monde ?
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