Réutilisation des palettes en bois

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Note liminaire

Dans le cadre de l’application des directives européennes (en particulier la directive 94/62 sur les déchets d’emballages) et leur transposition en droit national français, l’ADEME a mené une enquête auprès des différentes filières pour établir un état des lieux.
En ce qui concerne la palette, cette enquête, extrêmement intéressante a été menée en profondeur auprès des différents acteurs de la profession, le SYPAL y a, bien sûr, participé.
Le résultat de cette enquête en 2004 a été mis en ligne sur le site web de l’ADEME http://www2.ademe.fr , sous le titre "fiche palettes" "réutilisation des palettes en bois".
A la suite de cette publication, le SYPAL a reçu et continue de recevoir de nombreuses questions relatives aux points cités par l’ADEME comme provenant de «source SYPAL». Ces questions concernent essentiellement deux domaines :

- les données chiffrées (nombre de palettes produites, réparées, réutilisées et recyclées) ;
- le rôle des gestionnaires de parc. En effet, beaucoup d’utilisateurs semblent confondre gestionnaire de parc et loueur de palettes.

A la fin de l’année 2006, il nous a semblé utile de regrouper les réponses aux différentes questions sous la forme de compléments à la fiche de l’ADEME.
Nous nous permettons de proposer cette contribution à l’œuvre commune.
Pour éviter toute confusion, les passages modifiés fin 2006 sont indiqués en italique et de couleur bleue dans le corps du texte du document de l’ADEME.

JMT

FICHE PALETTES EN BOIS

La réutilisation des palettes en bois

1 Introduction

La recherche bibliographique de la phase 1 avait identifié les palettes, les caisses palettes et les caisses comme emballages en bois potentiellement réutilisables.
A l’issue de la phase 2, la palette bois s’est avéré être l’emballage le plus largement cités par les interviewés.
Dans ce cadre des industriels représentants deux niveaux du cycle de vie de la palette, fabricants et gestionnaires de parc, ont été sollicités afin de valider les informations recueillies lors des phases 1 et 2 de l’étude sur l’état des lieux en France de la réutilisation des emballages.
La synthèse des données recueillies au cours de l’étude montre que la palette en bois est l’emballage le plus couramment réutilisé selon des pratiques parfois très différentes:

 
Parmi les emballages en bois, la palette est l’emballage communément réutilisé, les caisses en bois, par contre sont conçues dans leur immense majorité pour répondre à un besoin bien précis (fabrication «sur mesures» adaptée à la marchandise transportée). Après usage, elles sont soit détruites (valorisation matière ou énergétique), soit démontées pour récupération de certains éléments. Contrairement à la palette elles ne sont quasiment jamais réparées pour être réutilisées dans leur état initial. La seule exception notable à cette règle est celle des « caisses navettes » qui représentent une très faible partie de la catégorie des caisses en bois.
La palette est un support de manutention qui permet de stocker et de transporter les produits en grande quantité. Elle rentre dans le champ d’application de la directive 94/62/CE en tant qu’emballage de transport. Elle est utilisée dans tous les secteurs industriels, de la distribution, du transport et de la logistique.
La palette accompagne toutes les distributions de produits. De ce fait, il faut l’examiner au moins au niveau européen, voire au niveau international.
La palette bois réutilisable fait l’objet de normes européennes (CEN) et internationales (ISO), de standards internationaux (UIC*), ainsi que de standards de pools de location, cahiers des charges professionnels et spécifications de secteurs industriels utilisateurs.

* UIC : Union Internationale des Chemins de fer. L’UIC a défini le standard de la palette EUR ®

Les données complètes sont présentées dans les paragraphes suivants.

2 Réutilisation des palettes bois

2.1 Caractéristiques des types de palettes réutilisables

Deux types de palettes réutilisables font l’objet de normes européennes récentes :
De nombreuses normes, nationales (NF), européennes (EN) et internationales (ISO) existent.

On peut citer, parmi les plus récentes :

- La norme NF EN 13698-1 (octobre 2003) porte sur les spécifications de fabrication des palettes plates en bois de dimensions 800mm*1200 mm.

- La norme NF EN 13698-2 (octobre 2003) porte sur les spécifications de fabrication des palettes plates en bois de dimensions 1000mm*1200 mm.

- La norme ISO 6780 (décembre 2003).

Enfin et pour des secteurs spécifiques d’utilisation, il existe d’autres palettes standards. On peut citer :

- les palettes CP (CP1 à CP9) utilisées dans les industries de la chimie ;
- les palettes VMF utilisées par les verreries mécaniques françaises ;
- les palettes cimentières utilisées par les industries du ciment ;
- les palettes GALIA utilisées par le secteur automobile.

Ces palettes standards sont toutes conçues pour être réutilisables. Certaines d’entre elles sont néanmoins commercialisées sous la désignation «palettes uni-rotation».
Indépendamment de la désignation officiellement employée, il est largement accepté au sein de la profession des fabricants que, quel que soit leur type, les palettes sont très communément réutilisées ou réemployées.

Sur les 60 millions de palettes mises sur le marché (ce qui représente 2 millions de m3 de bois) chaque année en France [Note SYPAL : en 2006, le nombre de palettes fabriquées en France est évaluée à plus de 70 millions], on peut considérer que 20 millions de palettes sont fabriquées selon des standards ou des normes répondant à des cahiers des charges précis. Les 40 millions restants mis sur le marché répondent à des spécifications client (hors standard).

Selon la profession des fabricants de palettes, il semble que la distinction entre « uni-rotation » (perdue) et « multi-rotations » (réutilisable) ait été effectuée pour des besoins statistiques (données SESSI) et ne repose pas sur les pratiques existantes.
De plus pour le fabricant, toutes les palettes en bois sont conçues pour être réparables et donc potentiellement réutilisables mais c’est leur détenteur (ou chacun des détenteurs successifs) qui décidera de la réutilisation ou du recyclage de la palette. De fait le caractère réutilisable de la palette mise sur le marché, n’est assuré que si la fabrication et/ou la réparation a été effectuée conformément au cahier des charges répondant à une norme ou un standard de palette réutilisable.

Par ailleurs, c’est dans le cas des circuits bien définis tels que ceux de la gestion de parc que les palettes sont le plus largement réutilisées ou encore de certains secteurs industriels (tels que cités page précédente) où est pratiquée la consignation.

La gestion de parc est assurée par deux types d’entreprises :
- Les gestionnaires de parc qui assurent ce service au profit d’une entreprise ou d’un groupe propriétaire de ses palettes.
- Les sociétés de location de palettes. Dans ce dernier cas, les palettes demeurent propriété de la société de location.


Parmi les palettes gérées par les loueurs, on peut noter des caractéristiques de couleur de palettes qui différencient les différents pools :

- les palettes « rouges » appartiennent au pool LPR ;
- les palettes « marrons » appartiennent au pool IPP - Logipal ;
- les palettes « bleues » appartiennent au pool CHEP.

La durée moyenne de vie d’une palette est très variable en fonction de son type, de ses conditions d’utilisation et de sa gestion (tri, reconditionnement, réparation). Elle est estimée de l’ordre de 4 à 5 ans et de 8 à 10 ans lorsqu’elle fait partie du pool d’un loueur.

Le SYPAL a développé en lien avec le CTBA, un logiciel de conception de palettes. Contrairement aux logiciels de dessin qui se limitent à la réalisation de plans, ce logiciel permet d’optimiser la conception d’une palette en fonction du besoin (charge à transporter, conditions d’utilisation, répartition de la charge ...) Cet outil reste encore relativement peu utilisé, dans environ 20% des cas. Il est particulièrement adapté aux clients utilisateurs de palettes de dimensions spécifiques exerçant leur activité dans le cadre d’une certification qualité (ISO 9001).
Les industriels rencontrés nous ont précisé que des palettes mal conçues ou mal réparées pourraient présenter dans leur utilisation des risques. Ils ont insisté sur le fait que la réglementation (notamment européenne) sur les palettes, est, à leurs yeux insuffisante.
En dehors des palettes bois traditionnelles, se développent des palettes en bois moulé. Ces palettes représentent de l’ordre de 2 à 3% du marché. A priori elles ne sont pas vendues réutilisables mais font l’objet d’un réemploi en interne.


2.2 Présentation des circuits de la palette bois

Les différents types de circuits possibles suivis par les palettes en bois sont présentés dans les trois schémas suivants. La description du rôle et des activités des différents acteurs intervenants dans ces circuits est détaillée dans le paragraphe 4.6.2.3.

2.2.1 Le circuit sans gestionnaire de parc

Les schémas suivants décrivent les circuits usuels et identifiés de la palette en bois. Cependant compte tenu des différents modes d’échange (échange équivalent, échange avec consigne, location par les gestionnaires de parc, vente de la palette avec le produit) et du nombre d’intermédiaires possibles (différents niveaux d’utilisateurs, transporteurs…) d’autres circuits issus d’un croisement de ceux présentés peuvent également exister.


Schéma 1 : circuit de la palette bois sans gestionnaire de parc


On constate une multiplication du nombre d’intermédiaires dans le schéma 1 considéré comme un circuit « classique » de la palette. En principe, la palette qui circule dans ce type de circuit est spécifique à un secteur. Cependant elle peut passer dans un autre secteur (par exemple du papier à la chimie par l’intermédiaire de l’imprimeur).
Enfin le schéma représente autant un circuit fermé (si la palette circule au sein d’un groupe d’entreprises organisées) qu’ouvert (si la palette circule entre des entreprises non spécifiées).
Dans ce circuit, le mode d’échange peut consister en la vente de la palette avec le produit. Dans ce cas le circuit est ouvert. Il ne permet pas une traçabilité de la palette réutilisable. La palette échangée peut également être consignée, dans ce cas le circuit est fermé.
Quand la palette est consignée, dans certains secteurs, la consigne peut représenter jusqu’à 3 fois son prix de vente. C’est l’exemple de la profession du bâtiment où la palette est consignée environ 23 € pour un prix de la palette neuve de 4,50 € à 5,50 €. Dans ce cas les palettes reviennent vers des points de regroupement avant d’être réutilisées.

2.2.2 Le circuit reposant sur l’échange équivalent de la palette

palette echange

Schéma 2 : circuit reposant sur l’échange équivalent de la palette bois


L’échange équivalent est typique des parcs de palettes de type EUR® (palettes Europe). L’échange est réalisé de palette à palette par l’intermédiaire du transporteur dans le cadre d’un contrat qu’il a signé avec le conditionneur. S’il assure la distribution de produit sur palette Europe, il procède à un échange équivalent de palette Europe lors de sa livraison. (par exemple 25 palettes chargées contre 25 palettes vides ).

 

2.2.3 Le circuit géré par une société de location

palette loueur

Schéma 3 : circuit ouvert géré par le loueur

Enfin ce schéma fait intervenir un gestionnaire de parc du type société de location.
Dans ce cas la palette est louée. Parfois les palettes qui appartiennent à un pool de location sont attribuées à un marché, cela permet éventuellement de mieux maîtriser leur durée de vie et leur nombre de rotations. Ce type de circuit est très répandu dans la grande distribution.
La maîtrise des circuits assure un meilleur suivi de la traçabilité de la palette.
Les loueurs mettent en avant l’intérêt que présente la suppression de stocks propres chez les acteurs successifs de la supply-chain. Un autre avantage que les loueurs partagent avec les gestionnaires de parcs privés est une application homogène d'une qualité définie répondant à des spécifications, des cahiers des charges et/ou des normes techniques.

 

2.3 Présentation et rôles des acteurs

- Fabricants de palettes

Ils sont représentés par le Syndicat de l’industrie et des services de la palette (SYPAL). Le SYPAL compte 40 adhérents qui représentent 80% de la production de palettes normalisées et 97 % de la production de palettes EUR® en France.
Il y aurait en France environ 300 fabricants de palettes dont de très nombreux « petits » producteurs.
Il faut ajouter 50 à 100 scieries, qui fabriquent ponctuellement des palettes pour leurs clients.
Ces fabricants sont régulièrement répartis en France avec un léger manque dans le Nord de la France.
La profession des fabricants est très « atomisée », le leader représente 5 à 7% du marché national. Un seul des fabricants de palettes à un CA de plus de 50 millions €, une quinzaine ont un CA de plus de 10 millions € . La moyenne nationale se situe à environ 3 millions €.

- Conditionneurs


Les conditionneurs pour la palette en bois sont les industriels qui constituent la charge palettisée des produits emballés qu’ils mettent sur le marché.
Ils appartiennent à tous types de secteurs :
- l’agroalimentaire représenté par les différents organismes professionnels membres de l’ANIA (Association Nationale des Industries Agroalimentaires) ;
- le transport et la logistique représentés par la TLF (Fédération des Entreprises de Transport et Logistique de France) et la FNTR (Fédération Nationale des Transports Routiers) ;
- le commerce et de la distribution représentés par la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) ;
- les secteurs associés à des standards de palettes (la chimie avec les palettes CP, le verre avec les palettes VMF, le BTP avec les palettes cimentières, l’automobile avec les palettes GALIA).
- Distributeurs
Ce sont les plates formes de distribution pour la GMS (Grande et Moyenne Surface).
- Utilisateur final
L’utilisateur final réceptionne les palettes chargées et les décharge.
Si la palette n’appartient pas à un pool de location ou si elle n’est pas réutilisée en interne à la société ou entre le client et le fournisseur, elle sera considérée comme à l’abandon ou destinée à l’abandon. Elle devient formellement (et provisoirement) un déchet d’emballage même si elle est cédée à un reconditionneur pour éventuellement être réemployée après un tri et, si nécessaire, remise en l’état.

- Récupérateur et Reconditionneur de palettes

Les reconditionneurs sont représentés par le Syndicat National des Reconditionneurs et Recycleurs de Palettes (SYNAREP).
Un millier d’entreprises françaises auraient une activité de récupération et de reconditionnement des palettes. En l’absence de réglementation de cette profession, il est difficile de dresser un tableau précis de l’activité de ce secteur ou foisonnent les très petites entreprises à la durée de vie éphémère.
Seules 400 entreprises de reconditionnement de palettes sont bien identifiées comme telles par les pouvoirs publics et les professionnels de l’emballage.
Les opérations effectuées par ces entreprises sont les suivantes :

- Récupération sur site

- Tri en trois catégories :

- réutilisables en l’état,
- réutilisables après remise en état,
- non réutilisables

- Remise sur le marché ou valorisation selon les cas :
Les palettes réutilisables en l’état sont revendues sans aucune intervention. Les palettes nécessitant une remise en état sont réparées puis revendues.
Les autres sont valorisées (broyat destiné soit à la valorisation matière, soit à la valorisation énergétique).

Les reconditionneurs peuvent travailler :

- pour une entreprise de location de palettes dont ils entretiennent une partie du pool ;
- pour des entreprises clientes (négociants en palettes ou utilisateurs de palettes) dont ils entretiennent tout ou partie du parc de palettes ;
- Pour des entreprises de négoce de palettes.
- pour des entreprises clientes (négociants en palettes ou utilisateurs de palettes) auxquelles ils vendent des palettes de provenances diverses.
Dans ce dernier cas, les reconditionneurs récupèrent indifféremment tous les types de palettes qu’ils achètent environ au quart du prix du neuf et les revendent environ à la moitié du prix du neuf (ces données moyennes sont à utiliser avec précaution, elles peuvent varier dans des proportions importantes en fonction du type de palette et de la situation de l’offre et la demande).

Certains reconditionneurs possèdent une activité de gestionnaire de parc.
On peut estimer en moyenne à 10% le poids remplacé de la matière d’une palette lors d’un reconditionnement.


Il est important de noter que, selon le type de contrat, pour un parcours identique, le statut de la palette peut changer.
Si elles sont confiées dans le cadre d’un contrat de réparation, elles demeurent la propriété de l’utilisateur et conservent leur statut d’emballage.
Si le même utilisateur préfère un échange nombre pour nombre, il y a transfert de propriété à l’entreprise de reconditionnement. La palette, passe par une phase où elle devient « déchet », avant d’être triée puis revendue comme palette, à l’utilisateur initial ou à un autre).

- Loueur de palettes

Le loueur de palettes est propriétaire d’un parc de palettes qu’il met à disposition des entreprises avec qui il passe un contrat. La facturation repose généralement sur plusieurs paramètres dont le temps « d’immobilisation » de la palette, le lieu de livraison des palettes au client, le lieu de récupération de ces palettes et les quantités louées. La facturation est effectuée en général à l’entrée de la palette dans le circuit.

Le loueur achète les palettes, gère et optimise les flux logistiques.
Les livraisons, les collectes et les opérations de maintenance des palettes sont assurées par des prestataires tiers référencés par le loueur (transporteurs, reconditionneurs, réparateurs).
A chaque cycle, l'ensemble des palettes est contrôlé puis trié selon les états identifiés (à laver, à repeindre, à réparer, à détruire, à réutiliser). Il est à noter que 18 à 20% des palettes sont reconditionnées en moyenne. Ceci dépend cependant fortement de l’état du parc du loueur. Si le parc est jeune, le pourcentage de palettes à reconditionner sera plus faible que si le parc est ancien.
Certains loueurs font appel à des sous-traitants pour reconditionner les palettes, d’autres ont leurs propres entreprises de reconditionnement.
Les premiers imposent aux reconditionneurs le respect d’un cahier des charges. Il pratique également des contrôles sous forme d’audits sur site par exemple.
Les sociétés de location ont une activité au moins européenne voire internationale. Les principaux gestionnaires sont les sociétés : CHEP, Faber Halbertsma (PRS et IPP-Logipal) et LPR.

- Gestionnaire de parc de palettes

Il existe plusieurs formes de gestion de parc.
Outre les loueurs, qui possèdent leur propre parc et le mettent à la disposition de leurs clients,

D’autre offres se multiplient depuis quelques années.
A la fin de l’année 2006, quatre groupes proposent une offre nationale, quelques entreprises proposent des offres au niveau régional.
La gestion de parc consiste à effectuer à la place de l’entreprise utilisatrice tout ou partie des opérations relatives aux palettes, et en particulier :

- tri
- réparation
- stockage
- relocalisation

Ces offres sont toujours personnalisées aux clients (sociétés, groupes ou filière professionnelle), le principe étant de diminuer les coûts logistiques de la relocalisation des palettes et d’assurer une qualité homogène des palettes du pool.
Dans le cas de palettes standardisées échangeables telle que les palettes EUR, le système des flux virtuels permet d’éviter les transports de palettes non chargées, elles sont récupérées près du lieu de déchargement et le nombre équivalent est remis à la disposition de l’utilisateur au point de chargement.
Lorsque le parc de palettes de l’utilisateur est d’un format particulier, le gestionnaire de parc peut effectuer une relocalisation physique.

2.4 Les données chiffrées

Les données présentées dans le tableau sont la synthèse des informations indiquées dans les paragraphes précédents.
Ces données chiffrées sont des ordres de grandeur qui font l’objet d’un consensus auprès des acteurs rencontrés.

données
Valeur estimée
unités
source

Fabrication
annuelle de palette
Estimée à
70 000 000 en 2005
palettes/an
SYPAL/CTBA
Fabrication
annuelle de
palettes EUR

2 000 000
en 2005

palettes/an
QUALIPAL*

Volume de bois
utilisé pour les
palettes
2 000 000
m3
SYPAL/CTBA
Nombre de palettes
en circulation en
France
250 000 000 à
300 000 000
palettes
SYPAL
Parc géré par les
loueurs en France
40 000 000
à
50 000 000
palettes
Loueurs

Palettes
récupérées par les
reconditionneurs
Environ
150 000 000
palettes
SYPAL

Palettes EUR
Environ
2 400 000 palettes
SYPAL
Nombre de
rotations pour un
pool de
loueurs
3 à 4 par an
rotations
Loueurs
Durée de vie pour
une palette d’un
pool de
gestionnaire de
parc
8 à 10
années
Gestionnaire de
parc

Durée de vie pour
une palette hors
parc géré
4 à 5
années
SYPAL

* QUALIPAL, association regroupant une trentaine de fabricants et plus de 150 réparateurs est chargé du contrôle qualité et de la défense des marques déposées EUR et EPAL.

3 Eléments d’évaluation et perspectives

D’après les fabricants de palettes que nous avons rencontrés, toutes les palettes sont potentiellement réutilisables ou ré employables. Les palettes sont des emballages relativement universels dans le sens où elles s’adressent à tous les secteurs industriels mais aussi à ceux de la distribution, du transport et de la logistique. Elles peuvent suivre une multitude de circuits entre des acteurs bien identifiés mais aussi très diversifiés. Elles accompagnent la distribution des produits et donc tous les mouvements d’exportation et d’importation sans que ne puisse être tenu de statistique sur ces mouvements.

En terme de calcul de part d’emballages réutilisables et en se limitant à la réutilisation au sens strict, c’est à dire prise en compte uniquement du parc géré par les gestionnaires de parc, on pourrait prendre, avec les données disponibles, une approche très globale. Avec un nombre de palettes en circulation de 250 à 300 millions, représentant presque le double de mouvements soit environ 500 millions par an (compte tenu du ré-emploi et de la réutilisation), le parc des gestionnaires estimé de 40 à 50 millions avec un nombre de rotations de 3 à 4 par an, on obtiendrait une part d’emballages réutilisables de moins de 40% . Sachant que les professionnels considèrent que toute palette bois est ré-utilisable et effectivement ré-utilisée, sauf pertes naturelles dans les circuits logistiques, ce chiffre de 40% paraît très sous estimé. C’est la raison pour laquelle nous proposons de ne retenir à ce stade aucun chiffre de réutilisation, sachant par ailleurs qu’un raisonnement au niveau national aura de toute façon d’importantes limites, dans la mesure où les parcs sont de plus en plus gérés au moins au niveau européen. De plus, beaucoup des circuits sous-tendus par ces chiffres sont néanmoins totalement non traçables car intègrent toutes les pratiques de ré-emplois bien connues dans le monde industriel mais ne correspondant pas toujours à des circuits organisés.

Pour affiner l’approche quantitative, le plus fiable serait de s’appuyer sur les gestionnaires de parc, qui sont en nombre relativement limités et bien organisés. Ils sont au centre des systèmes de réutilisation des palettes et disposent de parcs bien identifiés. Généralement ils ont les moyens de suivre les mouvements des palettes ce qui peut en faire un point d’observation privilégié, sous réserve qu’ils acceptent de rendre disponibles leurs données chaque année. Mais, comme indiqué précédemment, ce sont aussi des acteurs qui gèrent des parcs au niveau au moins européen et pour certains au niveau international, et un tel suivi aurait plus de sens au niveau communautaire directement. En complément de ces gestionnaires de parcs, il faudrait également prendre en compte d’autres types de parcs existants à savoir ceux issus des spécifications professionnelles (CP, VMC, cimenteries, GALIA).

Les acteurs que nous avons rencontrés et plus particulièrement les fabricants de palettes ont aussi évoqués des insuffisances ou des limites de la réglementation actuelle. Plus particulièrement trois points ont été cités.

- Ils considèrent que les palettes peuvent présenter des dangers lors de leur utilisation et que les réglementations françaises et européennes sont insuffisantes sur l’aspect sécurité.

- Ils souhaitent une réglementation sur le produit qui permettrait aussi de mieux structurer et professionnaliser le secteur.

- Du décret français 94-609 du 13 juillet 1994 il ressort que toute palette laissée à l’abandon ou destinée à l’abandon devient formellement un déchet d’emballage et de fait doit être valorisée. Dans les circuits d’utilisation des palettes, celles qui n’appartiennent pas à un parc géré ou qui ne sont pas réutilisées en interne à la société, deviennent un déchet. Or ces palettes peuvent être récupérées par un re conditionneur/réparateur et après une éventuelle remise en état revenir dans les circuits d’utilisation des palettes. Dans ce cas la palette n’aura été que temporairement un déchet.

- La notion même d’emballage est remise en cause par certains industriels qui s’interrogent sur la pertinence d’inscrire la palette, moyen logistique et de manutention, dans le champs d’application de la directive 94/62/CE.