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Enquête de satisfaction auprès des utilisateurs de palettes

Synthèse des principaux enseignements d’une étude réalisée à la demande du Sypal Mai 2001

 
 

 

1   La palette, un produit indispensable et "multi-facettes"

 


La palette est un produit banal qui s’impose. Il est " multi-facettes " ; ce produit aux divers usages est un outil essentiel de manutention, de transport, de stockage, et de logistique : il est la clé de voûte du système (élément fonctionnel de base).

Le matériau " bois " de la palette fait de celle-ci un produit singulier : la palette en bois est un produit qui vit, vieillit et meurt.

La palette représente une valeur et un investissement. En tant que tel, elle est un produit qui intéresse de près une multitude d’ utilisateurs : il faut donc la gérer et en assurer la maintenance pour garantir sa qualité.

  • La palette en bois : largement majoritaire

La raison essentielle de l’utilisation incontestée de la palette en bois est son prix. Mais ce produit est également choisi pour des qualités inhérentes à la matière " bois " : souplesse, solidité mais aussi adaptabilité. Indépendamment de ses vertus, on souligne bien souvent aussi ses défauts : échardes, humidité, copeaux, clous, odeur.

Les exceptions, marginales, à l’utilisation de la palette en bois se situent sur des segments spécifiques. Ainsi, plastique, fer, carton, ne sont utilisés que pour des palettes à usage défini et dans des secteurs particuliers. Le plastique, essentiellement imposé pour des raisons d’hygiéne comporte deux inconvénients : son coût et sa fragilité. En outre, la palette en plastique est un produit beaucoup moins réactif que la palette en bois.

Néanmoins, l’imaginaire de propreté dont est entouré le plastique peut jouer en la défaveur du bois, jugé moins écologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
  • La palette, un outil perçu comme indispensable.

La palette apparaît d’emblée comme un outil indispensable, qu’on a de cesse d’améliorer. Pour bon nombre de nos interlocuteurs, la palette, qui a une histoire, est synonyme de révolution en matière de logistique, dans les transports et le stockage.

Pour les plus jeunes, la situation est différente et il semble que la modernité s’efface derrière les contraintes, même si la palette reste le maillon central du système de manutention et de stockage.

La plupart de nos interviewés ont donc entamé une réflexion, concernant les palettes en tant que produit, qu’il s’agisse de la qualité ou de la standardisation de leur parc, mais aussi concernant la création de palettes spécifiques, en termes de dimension, de solidité et de flexibilité. Nos interlocuteurs semblent très attentifs à l’amélioration du produit, et sont à l’affût de nouveautés qui pourraient permettre son allègement, afin de réaliser des économies.

D’autres interlocuteurs réfléchissent à des alternatives possibles : ils estiment paradoxalement que la palette est un maillon qui doit disparaître et " rêvent " à un moyen de dépasser le produit, afin d’échapper aux contraintes et au suivi de gestion qu’il impose.

Mais il apparaît bien que la palette est aujourd’hui irremplaçable, du fait de son coût compétitif et de sa praticité incontestable. Changer de système représenterait un investissement trop important. La palette s’impose comme la pièce maîtresse de tout un système d’interdépendance entre fournisseurs et clients.

Ainsi, le secteur de la palette raisonne plus en termes d’amélioration continue qu’en termes de changement radical. La perception d’une modification générale du système constitue un frein à l’imaginaire d’amélioration de ce système. La chaîne logistique est un système auto-bloquant qui est vulnérable. Cette fidélisation par défaut au produit est donc par nature précaire.

  • Un produit latéralisé

La palette est un objet en creux : c’est le service qui prime. Les jugements portés sur le produit s’effacent derrière les services associés. En effet, nos interlocuteurs s’exprimant sur la définition d’une palette idéale se focalisent d’emblée sur son utilisation. Et pour eux, la palette idéale est une palette virtuelle, c’est à dire une palette qui n’implique pas de gestion mais qui disparaît une fois sa mission accomplie. Ceux qui louent une palette mettent en avant les avantages d’un système qui valorise plus le service rendu que l’objet lui même. En définitive, les utilisateurs de la palette ont une approche peu affective de leur produit et celui tend à disparaître derrière l’utilisation qu’on en fait.

Plus qu’un discours sur le matériau et sur le produit, les utilisateurs de palettes attendent, de la part des fabricants, des innovations en termes de services, leur permettant de simplifier la gestion de leur parc, de faciliter le déchargement des produits et de les protéger pendant le transport et la livraison.

 

  2   Des problématiques différentes à l’égard de la Palette
 
  • Le produit : des exigences différentes selon les métiers

Les exigences à l’égard du produit sont très précises, même si ses qualités requises varient selon les secteurs d’activité. Cependant la palette doit être - pour tous ces utilisateurs- un produit " zéro défaut " du fait de son rôle primordial dans la chaîne logistique ; tous insistent également sur le respect du cahier des charges fixé par l’utilisateur.

Chaque métier requiert des exigences propres en termes de dimension, de poids, de résistance et bien naturellement le choix de la palette dépend du type de produit qu’elle doit supporter. Les cimentiers souhaitent des palettes solides et de grande dimension, aptes à transporter des sacs de ciment, sans risque de chute, de perçage ni de surcharge. Les verriers et les personnes du secteur alimentaire mettent l’accent sur l’odeur de la palette, son taux d’humidité, voire l’absence de radioactivité dans le bois (effet Tchernobyl). Les industries laitières exigent des palettes sèches du fait de leur séjour en chambre froide etc…

  • Des exigences différentes en fonction de l’activité géographique de l’entreprise

Les industries exportatrices doivent tenir compte, dans leur choix, des réglementations nationales et des implantations de loueurs.

  • Des problématiques très diverses

La façon dont la problématique palette est abordée dépend résolument de la place de l’interlocuteur dans l’entreprise. Bien souvent, l’utilisateur premier n’est pas décisionnaire dans le choix de la palette utilisée.

La satisfaction du client comme élément essentiel de prise de décision

Le poids du client intervient fortement. Il faut savoir répondre à ses exigences en termes de sécurité, de qualité de produit et de respect du délai de livraison. Les facteurs d’arbitrage entre fournisseurs de palettes sont plus liés à l’utilité  du produit chez le client, plutôt qu’à ses caractéristiques propres.

Les plates-formes logistiques s’alignent donc sur le site de chargement/livraison le plus exigeant en termes de qualité de produits, a fortiori pour des industries de type produits laitiers.

Le travail des transporteurs n’est pourtant pas facilité car ils se voient refuser de nombreuses palettes de qualité souvent mauvaise. Pour satisfaire le client, on est même prêt à externaliser la gestion des palettes.

Dans le cas de grandes entreprises, le choix de la palette se fait au niveau central et il n’y a pas vraiment de volonté de consulter systématiquement les utilisateurs directs, qui ne semblent néanmoins pas mécontents de cet état de fait. Pour eux, un fournisseur, s’il respecte le cahier des charges, ressemble à un autre. Les interlocuteurs du département achat ne semblent pas impliqués dans le choix des fournisseurs de palettes au delà de la question de leur prix et globalement ignorent les besoins propres de leur industrie en matière de palettes. En revanche, les interlocuteurs responsables logistique ou emballage consacrent du temps à la problématique palette, réfléchissent à leur adaptation et leur modernisation.

Dans le cas de plus petites entreprises, l’utilisateur direct n’est guère consulté non plus. Et c’est souvent au responsable de l’exploitation que revient le choix de la palette.

La problématique varie aussi selon la place que l’on occupe dans la chaîne logistique (fournisseur/transporteur/distributeur).

L’entente n’est pas toujours facile au sein de la chaîne logistique. Les transports occupent une place sensible et en particulier dans le cadre du système d’échanges de palettes Europe. En effet, dans ce cas précis, les palettes ne sont pas facturées dans la prestation logistique. Ce sont donc aux transporteurs de les restituer aux clients, ce qui ne va pas sans contraintes. Ce système induit des surplus de coûts pour les transporteurs qui sont obligés de multiplier des trajets non rentables. Ces derniers ont alors le sentiment d’être piégés par le système, d’autant que c’est aussi eux qui paient les frais des palettes cassées.

Cependant, pour certains transporteurs, cette situation représente une réelle opportunité de service. Ceux-ci se singularisent en acceptant de prendre en charge la gestion des palettes pour leurs clients.

  • Les évolutions concernant le produit.

La qualité du parc des palettes est de plus en plus pris en considération et est souvent liée à la mise en place de démarches qualité, certifications ISO 9000, et de systèmes de manutention automatisés ne fonctionnant qu’avec des palettes de premier choix.

L’effort fait en matière de qualité entraîne de réelles améliorations en termes de standardisation et de normalisation. Soit les fabricants adoptent une palette standard de type EUR/CP/VMF, soit ils créent une palette spécifique pour leur activité interne et/ou externe. L’activité logistique largement simplifiée, les coûts de stockage sont réduits grâce à des efforts de rationalisation des emballages.

 

3   La gestion des palettes

 
  • La gestion : une préoccupation croissante

Le mode de gestion du parc de palettes est perçu comme une préoccupation relativement récente qui laisse transparaître des signes d’assainissement de la situation et des améliorations notables saluées par tous.

  • Modes de gestion

Trois modes de gestion des palettes ont été évoqués par les interviewés :

  • L’échange : est majoritaire, mais il est critiqué pour ses nombreux travers tels que l’insuffisance des contrôles et des normes, les problèmes posés par la récupération des palettes, la facilité de contrefaçons.
  • La location : est un système de gestion confortable, même si les utilisateurs attendent une fragmentation du marché qui permettrait de réduire les coûts.
  • La palette unirotation (palette "perdue") : présente l’avantage d’un fonctionnement simple mais pose également de gros problèmes de qualité à leurs utilisateurs.
  • Le choix du mode de gestion se fait selon un arbitrage entre plusieurs éléments :

      - Les exigences des clients

      - Le coût La simplicité du mode de gestion

      - La dimension internationale de l’entreprise

      - La taille de l’entreprise

      La palette : " un cadeau empoisonné par sa gestion "

    Il semble que tout le monde s’accorde pour reconnaître la difficulté de la gestion des palettes : elle requiert en effet beaucoup de temps et d’investissement.

    Bien gérer son parc devient une priorité qui s’inscrit dans une démarche qualité de plus en plus prégnante.

    Globalement l’apport de la palette est occulté par la mauvaise image de sa gestion. Il existe un imaginaire fort autour de la palette : le thème du trafic des palettes est en effet omniprésent, et on évoque l’image d’un monde opaque et fermé.

  • Une gestion mistigri

Ainsi la gestion des palettes est de plus en plus contraignante et chacun souhaite s’en débarrasser. C’est pour cette raison que pour beaucoup d’utilisateurs, la gestion de la palette gagnerait, à être externalisée, même si pour l’instant la contrainte de coût est encore perçue comme indépassable.

    Relation au fournisseur de palettes

Il est frappant de voir que le fournisseur de palettes n’est pas connu des interviewés. Le produit vampirise le fournisseur. La palette est à la fois déconnectée de ce dernier et du service rendu. La priorité est donnée au cahier des charges, élaboré en interne, et donc à la qualité du produit. Ce n’est qu’ensuite que le fournisseur est retenu, en fonction de sa capacité à répondre aux exigences prévues dans le cahier des charges.

Par ailleurs, le choix du fournisseur n’est pas toujours du ressort des utilisateurs directs.

Plusieurs critères déterminent le choix du fournisseur :

  • Le premier facteur est la satisfaction du client
  • Le rapport qualité/prix
  • La traçabilité est une problématique fondamentale (en particulier dans les secteurs de la chimie et de la pharmacie)
  • L’étendue géographique des activités de l’entreprise
  • Les services proposés par le fournisseur

On recherche également la proximité du fournisseur, sa flexibilité et on préfère établir avec lui une relation de confiance et durable. En outre, on tisse des relations avec plusieurs fournisseurs en même temps, pour ne jamais être pris au dépourvu.

  4 Sécurité et recyclage
 
  • La sécurité est un élément essentiel dans la gestion de la palette
  • Réglementations : faible niveau de connaissances

Bon nombre d’interviewés méconnaissent les normes en vigueur. Néanmoins ils sont nombreux à réclamer davantage de contrôle et de réglementations autour des services et de la qualité de la palette. Dans le même temps ils sont aussi nombreux à attendre une standardisation accrue des palettes.

  • Problématique de recyclage

La spécificité de l’objet palette est reconnue ; la palette est produite avec un matériau noble et vivant : le bois

Elle est un emballage de transport et peut faire plusieurs rotations. Elle peut même être réparée jusqu’à la limite ne plus comporter aucun composant initial (situation jamais réalisée).

Le problème de recyclage se pose essentiellement pour les palettes perdues.

Ce type de palettes pose en effet un problème de réception car celles ci ne sont pas réinjectées dans le système.

Plusieurs méthodes ont été imaginées par les utilisateurs pour se débarrasser de leurs palettes :

  • les brûler
  • les donner
  • les " benner "

Nos interlocuteurs ont un imaginaire relativement pauvre autour du produit comme matière recyclable. Ils ont eu du mal à lier palette en bois et écologie, même si on pouvait percevoir en filigrane de leurs propos un concernement écologique certain.

En outre, ils ont souvent fait des confusions entre réutilisable et recyclable ainsi qu’entre hygiénique et écologique. Et paradoxalement, le plastique peut apparaître comme un matériau plus écologique que le bois.

  • L’affaire Coca Cola et ses répercussions

    L’affaire Coca Cola n’a eu, dans l’ensemble, que peu d’impact sur les clients et les distributeurs, exceptions faites des milieux de l’alimentaire et des cigarettes. Le discours initial, ambigu, tenu par la firme d’Atllanta, a été rectifié face aux observations des responsables scientifiques mandatés par les pouvoirs publics français et européens. Chep et LPR ont communiqué auprès de leurs clients pour signaler qu’il n’y avait pas de risques. Finalement la palette n’a pas été réellement mise en cause.

Pour les transporteurs, cette affaire a entraîné une forte demande en matière de qualité, de la part de clients de l’alimentaire, exigeant des palettes Europe irréprochables.

  5 La palette en bois : un produit vulnérable ?
 
  • La palette demeure un produit vulnérable même si elle n’a pas de véritables concurrents.

En effet on remarque que beaucoup d’interviewés parlent d’une fidélisation par défaut.

En fait, il suffirait d’un objet qui serait :

  • moins cher
  • qui s’adapterait aussi aux systèmes de manutention actuels
  • plus léger mais plus solide
  • aussi flexible et modulable

Et la palette en bois serait alors remplacée

Sur des micro marchés, la palette est dans une situation précaire car sur des problématiques très ciblées et à faibles volumes, la satisfaction du client prime :
les réglementations internationales (Arabie Saoudite, Chine, Australie)

  • la pression exercée par les grands distributeurs sur leurs fournisseurs
  • les réglementations nationales : en pharmacologie, les réglementations des administrations des tutelles
  • Le Slip Sheet : une solution qui fait rêver

Avantages :

  • adaptable sur les outils existants
  • moins cher
  • moins encombrant
  • plus léger
  • gestion simplifiée

Désavantages :

  • utilisé majoritairement pour les produits lourds ou mis en carton
  • peu ou pas implanté en France